Calorifugeage d’eau glacée : épaisseur et point de rosée
Sur un réseau de froid, l’isolant a deux rôles : garder les frigories et empêcher l’air ambiant de condenser sur le tube. Le second fixe l’épaisseur, et il ne pardonne aucun joint mal collé.
Calculez l’épaisseur qui évite la condensation
Renseignez les conditions du local où passe le réseau. L’outil calcule le point de rosée et l’épaisseur minimale pour que la surface de l’isolant reste sèche.
Formule de Magnus pour le point de rosée. Coefficient d’échange superficiel de 8 W/(m².K), hypothèse prudente pour une surface mate en air calme. En faux plafond peu ventilé, prenez une humidité plus haute. Épaisseur commerciale arrondie au-dessus. Outil de prédimensionnement : le calorifugeur vérifie sur site.
Pourquoi l’élastomère à cellules fermées
Un réseau d’eau glacée attire la vapeur d’eau de l’air : elle migre vers la surface la plus froide, le tube. Un isolant ouvert, comme la laine minérale, la laisse passer. Elle condense au contact du métal, mouille l’isolant, qui perd ses qualités, et la corrosion commence sous une jaquette qui paraît intacte.
La mousse élastomère à cellules fermées freine très fortement la diffusion de vapeur dans sa masse. Encore faut-il que chaque joint soit collé : un seul joint ouvert suffit à ruiner des mètres de réseau.
Les points de contrôle à la réception
- Joints longitudinaux collés sur toute la longueur, sans retrait visible.
- Abouts collés entre eux, pas simplement jointifs.
- Colliers avec cale isolante, l’isolant collé sur la cale.
- Vannes, filtres et corps de pompe isolés avec des coques étanches.
- Aucune agrafe ni vis traversant l’isolant jusqu’au tube.
- Jaquette de protection là où le réseau peut être heurté ou exposé aux UV.
Questions fréquentes
Quelle épaisseur de calorifuge pour de l’eau glacée ?
Elle se calcule pour que la surface de l’isolant reste au-dessus du point de rosée de l’air. Pour de l’eau à 6 °C, il faut environ 6 à 7 mm dans un local à 25 °C et 60 % d’humidité, 12 à 13 mm à 28 °C et 70 %, et plus de 20 mm à 30 °C et 80 %. Les faux plafonds peu ventilés et les locaux humides imposent la valeur haute.
Peut-on isoler l’eau glacée avec de la laine de roche ?
C’est possible avec un pare-vapeur parfaitement continu, mais c’est un pari : au premier défaut du pare-vapeur, l’humidité migre dans la laine, condense et la sature. La mousse élastomère à cellules fermées, collée à tous les joints, reste la solution de référence sur les réseaux de froid des bâtiments.
Pourquoi mon calorifuge d’eau glacée goutte-t-il ?
Presque toujours à cause d’un défaut localisé : joint longitudinal décollé, abouts non collés, support posé directement sur le tube sans cale isolante, vanne restée nue. L’eau court ensuite sous l’isolant et ressort plus loin, ce qui rend la fuite difficile à localiser.
Faut-il isoler les supports des tuyauteries d’eau glacée ?
Oui. Un collier métallique serré sur le tube est un pont thermique qui condense. On utilise des colliers avec cale isolante en mousse haute densité, sur lesquels l’isolant vient se coller sans interruption.
Le décret de 2023 concerne-t-il les réseaux de froid ?
Oui. L’article R. 241-6 du Code de l’énergie vise les réseaux de distribution de froid situés hors du volume refroidi, dans les immeubles collectifs et le tertiaire, avec la même échéance du 1er janvier 2030 pour l’existant.
Faire isoler un réseau d’eau glacée
Indiquez la température de l’eau, le local traversé et les diamètres : l’épaisseur est calculée avant le chiffrage.