Calorifugeage industriel : vapeur, condensats et process
Un DN100 de vapeur à 160 °C laissé nu perd près de 900 W par mètre. À ce niveau, on isole pour la facture, pour la sécurité des opérateurs et pour tenir la température du procédé.
Pertes par mètre, tube nu et tube isolé
Atelier à 20 °C. Laine de roche à 0,045 W/(m.K) aux températures de service, sous tôle aluminium. Épaisseurs courantes en industrie.
| Tube | Isolant | 120 °C | 160 °C | 200 °C | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| nu | isolé | nu | isolé | nu | isolé | ||
| DN25 | 40 mm | 192 W | 21 W | 307 W | 30 W | 446 W | 38 W |
| DN50 | 50 mm | 319 W | 27 W | 512 W | 37 W | 746 W | 48 W |
| DN80 | 60 mm | 449 W | 31 W | 722 W | 43 W | 1 054 W | 56 W |
| DN100 | 60 mm | 560 W | 37 W | 902 W | 51 W | 1 321 W | 66 W |
| DN150 | 80 mm | 790 W | 40 W | 1 275 W | 56 W | 1 871 W | 72 W |
Sur 6 000 heures de marche par an, un seul mètre de DN100 à 160 °C isolé épargne environ 5,7 MWh de combustible. La surface de la tôle descend alors vers 30 °C.
Calcul : convection naturelle et rayonnement (acier oxydé, émissivité 0,9) pour le tube nu ; conduction dans l’isolant et échange superficiel de 7 W/(m².K) sous tôle. Rendement de chaudière de 90 %.
Ce qui se joue sur un site industriel
Le NF DTU 45.2 comme référence
Il encadre l’isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de -80 °C à +650 °C : choix des isolants, épaisseurs, supports, revêtements. Les cahiers des charges industriels y renvoient, et la fiche CEE IND-UT-131 l’exige.
La corrosion sous calorifuge
C’est le risque principal des réseaux isolés en industrie : de l’eau entre sous la jaquette par un recouvrement mal orienté, un piquage mal étanché ou une fuite, puis attaque le tube pendant des années sans que rien ne se voie. D’où l’importance des recouvrements, des bavettes et des mastics autour de chaque traversée.
Les arrêts techniques
Les tuyauteries vapeur s’isolent en marche, mais la dépose d’un ancien isolant, la reprise de supports ou le remplacement d’un tronçon se calent sur les arrêts programmés du site. Le relevé se fait bien avant, pour que les matelas et les tôles façonnées soient prêts le jour J.
Les points singuliers d’une ligne vapeur
Vannes, purgeurs, filtres, détendeurs, brides : ce sont les pièces les plus chaudes et les plus souvent démontées. Elles se traitent avec des matelas haute température en tissu de silice, fermés par sangles ou crochets.
Questions fréquentes
Quel isolant pour une tuyauterie vapeur ?
De la laine de roche en coquilles ou en matelas à haute densité, qui tient plusieurs centaines de degrés, sous une jaquette en tôle d’aluminium ou d’acier inoxydable. Les mousses élastomères et les polyuréthanes courants ne supportent pas ces températures.
Existe-t-il encore une aide CEE pour le calorifugeage industriel ?
Oui : la fiche IND-UT-131, « Isolation thermique des parois planes ou cylindriques sur des installations industrielles », est en vigueur. Elle vise les fluides en dessous de 10 °C ou au-dessus de 40 °C, impose une pose selon le NF DTU 45.2 et exclut les points singuliers, dont la fiche IND-UT-121 a été abrogée au 1er août 2025.
Faut-il isoler les lignes de retour des condensats ?
Oui. Les condensats reviennent souvent entre 80 et 100 °C, et leur chaleur est réinjectée dans la bâche alimentaire. Chaque degré perdu sur le retour doit être rendu par le générateur de vapeur.
L’isolation protège-t-elle les opérateurs des brûlures ?
C’est même souvent la première raison d’isoler. Une ligne vapeur nue brûle au moindre contact. Correctement isolée sous tôle, sa surface redescend autour de 30 °C dans nos exemples. Là où l’on ne peut pas isoler, des grilles de protection écartent la main.
Que faire d’un calorifuge mouillé par une fuite ?
Le remplacer après avoir réparé la fuite. Une laine minérale gorgée d’eau conduit la chaleur bien plus qu’à sec et entretient la corrosion sous calorifuge, invisible jusqu’au percement du tube.
Faire chiffrer une ligne vapeur
Température, pression, diamètres, longueurs et nombre d’accessoires : le chiffrage suit le NF DTU 45.2.